NOTRE RÉPONSE AUX ALLÉGATIONS DE DÉNIGREMENT ET D’« AGRI-BASHING »

NOTRE RÉPONSE AUX ALLÉGATIONS DE DÉNIGREMENT ET D’« AGRI-BASHING »

BeFairBeVegan s’adresse à ses critiques
dans une lettre ouverte aux journalistes et au public

 

Les « vérités inconfortables » exposées par les publicités de BeFairBeVegan ont été accueillies avec la réception exacte à laquelle on pourrait s’attendre : avec, d’un côté, une curiosité empreinte d’ouverture d’esprit, et des commentaires réfléchis et posés, et, de l’autre, une réaction de mépris teintée de dérision.

Parallèlement aux démonstrations de gratitude de la part des personnes qui considérant le message comme à la fois soigneusement réfléchi et socialement significatif, il y a également eu un barrage de commentaires haineux de la part de certains critiques furieux, certaines personnes qualifiant la campagne « de tentative d’intimidation » et de « culpabilisation », et des personnes se sont même carrément livrées à des actes de vandalisme contre les publicités.

La campagne n’est une attaque contre personne, affirmant qu’« énoncer des faits ne peut être qualifié de dénigrement (bashing), par aucune définition cohérente qui soit. En revanche, dire publiquement – sur les ondes – que les véganes sont des ‘terroristes’, des ‘hypocrites’, des ‘complètement débiles’, et en leur disant de « manger de la m*rde de vache », nous permet d’affirmer en toute sécurité que nous avons là une description du mot dénigrement.

 

Outre le segment défavorable à l’émission Drainville PM, sur les ondes de 98.5FM, des plaintes officielles ont été déposées par des membres du public : à Toronto et à Montréal.

Nous tenons à remercier certaines de nos critiques d’avoir souligné la beauté des portraits des animaux apparaissant sur nos affiches et nous tenons à rappeler que l’objectif de la campagne est effectivement de montrer au public que même si nous les réduisons au statut d’unités de production que nous jugeons insignifiantes et interchangeables, chacun des animaux que nous utilisons est un individu unique, quelqu’un qui a un esprit, un cœur, une mémoire, un langage et qui tient à sa vie autant que nous tenons à la nôtre.

Ces publicités sont « incroyablement offensantes, malhonnêtes et inappropriées dans un espace public. C’est scandaleux ».

plainte officielle (Toronto)

Peu importe ce qu’en disent nos détracteurs, nos publicités ne sont ni fallacieuses ni inappropriées. Elles disent simplement la vérité, et s’il est inconvénient de l’affronter, il reste néanmoins que c’est la vérité.

Ce qui est offensant, malhonnête, et inapproprié, c’est de cacher la vérité en dépeignant les animaux démembrés comme ayant été les bénéficiaires d’un traitement ‘éthique’, des vaches endeuillées comme étant des vaches ‘heureuses’ et les animaux confinés à des cages pour soit disant ‘leur protection’, ainsi que d’effacer toute référence aux individus indistinctement utilisés pour devenir de la ‘viande’, du ‘cuir’, des « sujets de recherche » et autres vestiges d’une vie autrefois chérie. Non seulement ces représentations fausses avilissent les innocentes victimes qui ont subi un tort irréparable, mais, plus encore, en empêchant les consommateurs d’être conscients des conséquences désastreuses de leurs actes, on les déresponsabilise tout en perpétuant l’injustice flagrante qu’est l’exploitation des animaux non humains sous toutes ses formes.

Pendant ce temps, on ne peut s’empêcher de se demander si ces mêmes téléspectateurs qui sont en désaccord avec nos publicités porteraient plainte si les stations étaient remplies de publicités pour des hamburgers, des produits laitiers, des chaussures de cuir ou des aquariums. Trouvent-ils ce genre de publicités comme étant « incroyablement offensantes, malhonnêtes et inappropriées dans un endroit financé par l’État »? Nous sommes en très grand nombre à trouver que les publicités qui dépeignent les autres animaux comme des objets pour satisfaire notre appétit et nos préférences sont extrêmement offensantes et inappropriées, et pourtant nous sommes constamment confrontées à de telles représentations.

Si le respect, l’honnêteté et la bienséance sont réellement importants pour les spectateurs de la campagne, ces derniers voudront peut-être réfléchir aux raisons pour lesquelles certains d’entre elles.eux trouvent si offensant, inapproprié, scandaleux, voire même ‘effrayant’, de simplement être exposé à une vérité qu’ils préfèreraient ignorer.

Ce qui est vraiment inquiétant, c’est que ces tentatives de discréditer notre campagne ne sont que les derniers efforts visant à brouiller les cartes sur ce que le public doit finalement reconnaitre comme un problème de justice sociale extrêmement urgent.

Ce que BeFairBeVegan cherche à faire c’est d’amorcer un dialogue honnête, et depuis longtemps nécessaire, sur la relation qu’entretiennent les humains avec les autres animaux. Pour les individus dont la vie est en jeu, la situation est plus urgente que nous ne pouvons l’imaginer. Pourtant, le grand public continue d’ignorer l’ampleur de l’utilisation animale en la banalisant et même en ridiculisant les victimes de cette odieuse situation, et en se moquant et pointant du doigt celles et ceux qui s’y opposent.

« Agri-bashing, ils attaquent les éleveurs »

Drainville PM, plainte officielle (Montréal)

Il s’agit d’une campagne pacifique, mais elle est quand même perçue comme une attaque.

Quelles que soient les attaques perçues par les éleveurs dans le passé, elles n’ont rien à voir avec cette campagne et ne devraient pas servir à réduire au silence notre message de non-violence.

BeFairBeVegan ne cible pas les éleveurs, nous ciblons les consommateurs. Les éleveurs répondent à leur demande. Lorsque les consommateurs mettront fin à la demande pour les produits issus de la misère animale et augmenteront la demande pour les produits d’origine végétale, les éleveurs cesseront d’exploiter les animaux et cultiveront les champs. Nous n’essayons pas de priver les éleveurs de leur gagne-pain. Nous voulons seulement réorienter leurs efforts.

On ne fait aucune allusion aux producteurs dans nos publicités, et ils sont encore moins, comme le laisse entendre un plaignant, traités de « meurtriers et tortionnaires ». Le seul objectif des publicités est de parler d’individus bien vivants qui, suite aux demandes des consommateurs, sont réduits à des produits de consommation.

 

« Les publicités n’exposent pas les avantages du véganisme, elles blâment les non-véganes. »

plaintes officielles (Toronto et Montréal)

La question de savoir si le véganisme profiterait ou non aux non-véganes est tout aussi non-pertinente que la question de savoir si l’égalité raciale profiterait aux racistes.

Le véganisme n’est pas une question de savoir comment nous (le groupe jouissant d’un pouvoir et d’un privilège absolus sur les autres animaux) pourrions profiter de la fin de leur exploitation. Le véganisme est une question de savoir ce qu’eux gagneraient à ne pas être opprimés par nous. Le véganisme n’est pas un choix que nous pouvons, ou non, trouver personnellement avantageux. Le véganisme est le respect que nous devons aux individus innocents de toute espèce.

On ne souscrit pas à l’égalité raciale avec l’idée qu’il puisse y avoir un avantage personnel pour la personne raciste, tout comme on ne devient pas végane pour avantager les non-véganes. On s’oppose à l’exploitation et à la discrimination pour des raisons de justice, au bénéfice des personnes qui sont exploitées et victimes de discrimination non au bénéfice de l’exploiteur.

« Elles véhiculent un sentiment de haine envers les gens qui ont un régime omnivore. »

plaintes officielles (Toronto et Montréal)

Il n’y a rien dans nos publicités qui « transmette un sentiment de haine envers les gens qui ont un régime omnivore ».

Nos publicités prônent simplement le respect des individus qui ont vu leur vie et leur famille volées par les industries qui les exploitent.

Quand on pense à la nature extrêmement violente des actes auxquels une personne non-végane s’adonne quotidiennement, des actes qui visent le groupe le plus vulnérable et le plus opprimé de la planète, et qui sont des actes commis en toute impunité, il est vraiment étrange que nous, qui nous opposons à de tels actes de violence et d’oppression, soyons accusées de faire de l’intimidation, alors que ce que nous faisons en réalité, c’est d’exposer et de contester la violence systématique perpétrée à l’égard d’êtres innocents, violence qui est inhérente à une entreprise de nature dégradante qu’on appelle l’agriculture animale.

On ne demande pas aux gens d’avoir honte.

Mais plutôt, ainsi que dans notre installation de St George, à Toronto, nous demandons explicitement aux gens d’imaginer ce que c’est que d’être l’une de nos victimes, et nous demandons explicitement aux gens d’agir en fonction de leurs valeurs existantes et de retirer leur soutien aux pratiques et produits issus de la violence. Nous leur demandons d’être justes, d’être véganes (BeFairBeVegan). Nous ne pouvons pas contrôler ce que ressent chaque passant lorsqu’on lui rappelle sa participation ou son soutien à des pratiques qui infligent des souffrances horribles aux membres les plus vulnérables de nos sociétés. Cependant, nous espérons qu’à partir de ces informations, les consommatrices et consommateurs se sentiront aptes à rejeter la violence inhérente à la possession, à l’utilisation, et la mise à mort d’individus sensibles, ainsi que de cesser de payer d’autres pour commettre des actes de violence.

« Idéologie extrême, religion, dogme, violence, terrorisme, propagande, idéologie des préjugés »

Drainville PM, plaintes officielles

Le véganisme n’est pas de la propagande ni une idéologie de préjugés.

Le véganisme est fondé uniquement sur les faits et la raison ainsi que le souligne de manière consistante le message contenu sur nos affiches. Le spécisme, par contre, est fondé sur la croyance irrationnelle que la violence contre les êtres innocents d’une autre espèce est un droit humain et non un tort humain. Il n’y a rien de plus extrême et dogmatique que l’idéologie de la suprématie humaine qui se manifeste dans le spécisme.

« Les véganes sont hypocrites »

Drainville PM

La grande majorité des gens seraient d’accord pour dire qu’il faut respecter la sensibilité des animaux non humains, et pourtant, la grande majorité des gens continuent d’utiliser les produits de l’industrie animale, même en 2019, alors que les faits sur le caractère de cette industrie sont de plus en plus largement connus. Somme toute, qu’est-il de plus hypocrite que de prétendre se soucier des intérêts des animaux non humains et simultanément participer non seulement à leur exploitation mais également ridiculiser celles et ceux qui s’efforcent d’y mettre fin pour des raisons de justice fondamentale?

« Ils attribuent des qualités humaines aux animaux »

Drainville PM, Le Devoir, plainte (Montréal)

Il convient de répéter que nous sommes des animaux. Pour paraphraser le biologiste Culum Brown, si nous ressentons, pensons, et souffrons comme nous le faisons, c’est parce que nous l’avons hérité des non-humains aux côtés desquels nous avons évolué :

« Presque tous les aspects de la cognition humaine ont été observés chez d’autres animaux… La raison pour laquelle les humains souffrent comme ils le font, c’est parce que nous en avons hérité de nos ancêtres poissons. »

Nous n’attribuons pas des qualités humaines aux autres animaux.

Nous reconnaissons et respectons le fait que la sentience, et la vaste gamme d’expériences subjectives qu’elle implique, n’est pas exclusive aux humains.

Nous ne sommes pas les seuls animaux qui ressentent la douleur, la peur, l’amour, la joie, l’espoir, le désespoir, ou la tristesse.

Nous ne sommes pas les seuls animaux capables d’empathie, de sacrifice, de dévouement, d’innovation ou d’imagination.

Nous ne sommes pas les seuls animaux qui tiennent à leur vie, c’est-à-dire que nous ne sommes pas les seuls êtres sensibles dont la vie a une valeur intrinsèque.

 

C’est pourquoi le slogan de la campagne est « Différents mais Égaux ». Même si les autres animaux sont génétiquement différents de nous, ils ont tout autant droit à la vie, la liberté, et la justice. Par conséquent, le fait de les réduire à des objets qu’on peut posséder, utiliser, et tuer n’est pas un droit humain, mais un tort humain.

En 2019, il est certainement temps d’intérioriser l’éthique selon laquelle les différences génétiques et les caractéristiques physiques ne sont pas des critères moralement pertinents pour la prise en compte des intérêts d’un groupe particulier. Si c’était le cas, nous continuerions de justifier l’utilisation de la race, du sexe, de l’origine ethnique et de l’orientation sexuelle pour faire de la discrimination contre les êtres humains qui semblent physiquement différents de ceux qui sont socialement dominants.

« Les gens commencent à manger moins de viande, mais cette campagne les pousse à faire le contraire. »

Drainville PM

Nous ne demandons pas aux gens de manger moins de viande. Nous demandons aux gens de rejeter l’idée qu’il est juste et raisonnable de transformer un être sensible en « viande ».

Tout comme nous n’accepterions pas le mot « moins » comme solution au problème pressant de justice sociale que constitue la violence faite aux femmes, aux enfants, aux personnes de couleur, aux membres de la communauté LGBTQ, ou à tout autre groupe d’êtres humains victimes d’oppression, l’antispécisme exige la cessation complète de toute violence contre nos semblables non-humains.

« Il y a des moyens financiers derrière cette campagne. Je ne suis pas sûr que ce soit seulement des 5 $ ou 10 $ des militants. Il y a des groupes ou des lobbys économiques derrière ça. »

Drainville PM

Les activistes locaux de Montréal ont fait énormément de travail pour recueillir des fonds afin de rendre cette initiative possible dans la ville où elles.ils. résident.

En ce qui concerne le reste du financement accordée à BeFairBeVegan, il est évident d’après l’ampleur de la campagne que les gens qui la soutiennent estiment que la question animale est d’une importance primordiale et qu’elle mérite un débat public sérieux.

Il est un fait que l’industrie animale a réussi à garder les consommatrices et consommateurs dans l’ignorance, surtout en ce qui concerne l’horreur inimaginable délibérément cachée derrière les tactiques de relations publiques ‘bien-être animal’ servant à commercialiser leurs produits. Sans cage, en liberté, nourris à l’herbe, biologique ou naturel, tous des prétextes absurdes qui obscurcissent intentionnellement l’horrible réalité de l’existence des individus dont la vie appartient à l’industrie animale.

À BeFairBeVegan, nous croyons qu’il est de notre devoir, en tant que gens de conscience, de nous opposer à cette oppression, de mettre en évidence les violations graves perpétrées par notre espèce sur les droits des autres espèces que nous exploitons.

Nous croyons également qu’il est de notre devoir de rappeler à nos concitoyens que ce sont vous, vos ami.es et votre famille qui êtes les clients de cette industrie. Celles et ceux qui déboursent pour ces produits préfèrent peut-être prétendre que ces crimes n’existent pas, mais le fait est qu’ils existent et. pour la seule raison que les gens ordinaires, tout comme celles et ceux qui lisent ce document en ce moment, continuent de consommer les produits provenant de cette industrie. Qu’on le veuille ou non, ce sont les consommateurs de ces produits qui sont ultimement responsables de la misère et de la brutalité perpétrées par l’industrie à l’égard des êtres non-humains.