Les animaux comme divertissement

Tout divertissement aux dépens de nos semblables animaux, notamment les rodéos, les courses et les cirques, sous-entend l’asservissement de victimes innocentes afin qu’elles donnent une « prestation » à la hauteur des attentes de leurs propriétaires. Ces animaux sont battus, intimidés, torturés et constamment menacés de mort si leur performance déçoit. Chaque facette de leur vie, de l’entraînement au transport, est contrôlée afin de maximiser les avantages et de réduire autant que possible les coûts pour les propriétaires. Ainsi, chacun de ces animaux mène une courte vie marquée par le stress, la faim, l’ennui profond de la vie en cage et la détresse physique causée par la chaleur et le froid extrêmes. Lorsque la performance de l’animal commence à se détériorer, celui-ci est « remercié » par une exécution à un très jeune âge. Voilà ce que sous-entend la possession d’un animal non protégé par la loi dans le monde spéciste actuel.
Zoos

Les zoos prétendent agir pour le bien de leurs animaux détenus et assurer la survie de multiples espèces mises en péril par l’activité humaine. Cette façade vertueuse est trompeuse, et c’est le moins qu’on puisse dire. Certains zoos appuient leurs arguments de conservation et de défense des animaux en mettant en place des programmes de reproduction. Cependant, ces programmes ne suffisent pas pour créer la diversité génétique nécessaire pour réellement préserver une espèce. Rajoutons que très peu de ces animaux sont mis en liberté dans leur habitat naturel; plutôt, ils demeurent enfermés dans un milieu où ils sont considérés comme des objets de divertissement.

Il faut aussi reconnaître que l’argument spécieux des zoos sur la conservation ne confère aux animaux aucun droit individuel à l’autonomie et à une vie libre de l’emprise humaine.

L’histoire de Ned l’éléphant est à la fois un exemple de l’inefficacité des demi-mesures des États-Unis concernant la protection légale des animaux et de l’asservissement total d’individus par un système d’exploitation et d’objectification perpétuelles des animaux. Ned est né en 1987 d’éléphants capturés en Asie du Sud-Est et appartenait légalement à Roman Schmitt, entraîneur d’éléphants et gestionnaire du programme de reproduction d’éléphants Busch Gardens. À l’âge de deux ans, Ned a été vendu à un cirque, puis vendu à un autre cirque dix ans plus tard. Il avait tant maigri et sa santé s’était tellement détériorée que le département de l’Agriculture des États-Unis l’a confisqué en 2008 pour le placer dans un sanctuaire. Malgré les efforts déployés pour soigner Ned, celui-ci a perdu la vie après six mois seulement.

Même dans les zoos les mieux financés, des animaux nécessitant un vaste habitat sauvage sont gardés en confinement excessif. Le cas le plus flagrant d’une telle maltraitance? On trouve aux États-Unis des curiosités touristiques en bordure de route et de petits zoos non accrédités où les conditions sont si grossières qu’il est difficile à croire que l’établissement est légal : grillage à mailles losangées, planchers en ciment, isolement social et manque choquant de soins médicaux, entre autres atrocités banalisées. La seule raison d’être de ces « attractions » est d’attirer des clients qui paient pour dévisager les animaux, lesquels ne méritent clairement pas un tel habitat artificiel. Le bien-être des animaux est la dernière des préoccupations pour ces attractions. Malheureusement, les animaux sont limités au strict nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de l’entreprise. Les zoos en bordure de route offrent un aperçu des réelles motivations des zoos en général et des établissements semblables : générer du profit aux dépens des animaux, qui sont considérés comme de simples objets plutôt que comme des êtres capables de penser et de ressentir.

Les zoos sont des prisons où des créatures innocentes sont enfermées à vie derrière des barreaux ou dans des enclos restreints, qui ne ressemblent en rien à leur habitat naturel. Ces animaux vivent dans l’ennui profond, loin de leur milieu naturel et de leurs semblables de la même espèce, ce qui leur cause une grave détresse psychologique et peut même les rendre fous pendant plusieurs années. Pour soigner leur image auprès du public, les zoos prétendent être des centres éducatifs. Cependant, l’observation d’autres espèces dans de petits enclos est très peu éducative. Il s’agit plutôt d’une démonstration de cruauté, malgré que les enfants ne se rendent pas compte de l’agonie et des conditions artificielles imposées à ces êtres innocents. Il existe des manières bien plus efficaces et compatissantes de renseigner les gens sur les animaux, comme la projection de vidéos et de documentaires sur les autres espèces en liberté dans leur habitat naturel. Voilà une très bonne raison d’abolir les zoos!
Courses
L’industrie des courses d’animaux prend en otage de nombreux chiens et chevaux, banalise leur souffrance et leur mort à de simples considérations financières et pousse ces animaux au bout de leurs limites physiques, tout en négligeant leurs besoins, en les abusant et en les gardant dans des espaces extrêmement restreints.

Les chevaux de course sont souvent trop médicamentés, ce qui masque leur douleur et cause l’accumulation de blessures à mesure qu’ils continuent de courir. La quantité de médicaments que les éleveurs font ingérer à leurs chevaux contribuent à un taux de mortalité nettement accru sur les pistes aux États-Unis, où l’abus de médicaments est pratique courante. Si une blessure gêne la performance d’un cheval, celui-ci sera soit euthanasié, soit vendu à un abattoir pour sa viande. En 2006, l’entraîneur de renom Steve Asmussen a été suspendu lorsque les autorités ont découvert qu’un de ses chevaux avait 750 fois la limite légale de médicaments dans son système. M. Asmussen, qui avait gagné plus de 214 millions de dollars en prix de courses, a aussi fait l’objet d’une opération d’infiltration en 2014. Dans la vidéo subséquente, il parle de la grave douleur infligée à ses animaux, notamment les électrochocs utilisés pour l’entraînement, et de sa négligence concernant les médicaments pour les chevaux blessés.

Les lévriers anglais font face à une violence semblable. En Floride, des archives d’État indiquent que 483 lévriers sont morts sur la piste de course ou dans des chenils depuis 2013 à la suite de fractures au cou, de crises cardiaques ou de décharges électriques causées par des appâts à haute tension. Les lévriers sont gardés en cage jusqu’à 20 heures par jour, puis contraints à courir sous une chaleur extrême. Après leur « carrière » de course, les chiens sont souvent vendus à des éleveurs, où leurs corps continuent à être exploités; cela perpétue un cercle vicieux de mauvais traitements. D’ailleurs, ce ne sont pas tous les lévriers nés dans un élevage qui deviendront des chiens de course. Après un examen des données de la National Greyhound Association, l’organisme de pression GREY2K a constaté que 8 000 chiots sont disparus sans trace entre 2012 et 2014.

Cirques

Les cirques gardent des animaux sauvages en captivité et les assujettissent à des entraînements violents dans des conditions angoissantes, tout cela pour le simple divertissement d’un public humain. La plupart des animaux de cirque mis en cage ont besoin d’aires ouvertes pour se comporter de manière naturelle. Des animaux sociaux comme les éléphants sont gardés en isolement, bien qu’ils aient besoin d’interaction, de stimulation et de soutien au sein d’une communauté de la même espèce. Pour empirer la situation, les cirques peuvent être sur la route jusqu’à 11 mois par an. Le stress et l’inconfort causés par un tel mode de vie entraînent de lourdes conséquences sur les animaux sauvages, lesquels sont habitués à se déplacer sans cesse dans leur habitat naturel. On constate la détresse psychologique des lions et des tigres, par exemple, lorsqu’ils font les cent pas dans leur enclos : une image que plusieurs personnes doivent déjà avoir en tête. Les traumatismes subis par les animaux de cirque ont des conséquences profondes. Par exemple, les animaux sauvages capturés et gardés en captivité peuvent souffrir d’une myopathie de capture, une maladie causant des lésions musculaires, un stress cardiaque et, parfois, la mort soudaine.

En plus de priver les animaux d’un espace où ils peuvent se déplacer librement, les exploitants de cirques les forcent à se donner en spectacle avec des comportements contraires à leur nature, jour après jour. Comme ces comportements sont difficiles à acquérir pour l’animal, il peut être brutalisé durant l’entraînement. Il est pratique courante pour les entraîneurs d’enfoncer des crochets pointus dans la peau des éléphants pour les forcer à performer sous peine de peur ou de douleur.

Ces conditions démontrent clairement pourquoi de nombreux animaux de cirque ont attaqué leurs entraîneurs dans le passé ou tenté de s’échapper, seulement pour être brutalisés ou recapturés par la suite. Un des exemples les plus tragiques et marquants est le cas de Tyke, l’éléphant de vingt ans qui s’est échappé en 1994 lors d’un spectacle à Honolulu, en tuant son entraîneur et en blessant gravement son soigneur sur son passage. La police est partie à ses trousses, fusils en main. Après 87 coups, l’éléphant a fini par succomber à ses blessures.

Calèches

Bien évidemment, les chevaux attelés aux calèches sont profondément angoissés par l’excès de stimulus visuels, sonores et olfactifs typiques des grandes villes. De plus, on constate d’autres problèmes avec les tours en calèche, quoique moins évidents à première vue, qui font vivre un réel cauchemar aux chevaux.

Les chevaux sont de nature à paniquer et à s’enfuir en présence d’une menace; ils ne chercheront pas à combattre. Lorsqu’ils se promènent dans des rues achalandées et bruyantes en pleine ville, ils auront fortement tendance à être effrayés et à courir dans tous les sens, parfois même lorsque des passagers sont à bord de la calèche. Ce type d’incident met en danger autant les humains que les chevaux.

Si le cheval se fait heurter par une automobile, il est aussi vulnérable aux blessures qu’un piéton humain, car il ne dispose d’aucune protection contre les voitures qui arrivent. Un tel accident pose des risques de blessures graves, ou pire encore, aux gens se trouvant à proximité, à ceux dans la voiture et à ceux dans la calèche.

Les chevaux tirant des calèches dans une circulation dense, ou qui doivent se tenir derrière des voitures en marche, respirent régulièrement la fumée des systèmes d’échappement et d’autres substances toxiques. Par conséquent, ils risquent de contracter des maladies respiratoires graves ou mortelles.

Les longues heures passées à marcher sur l’asphalte (comparativement au gazon, à la terre et à d’autres surfaces naturelles) sont une rude épreuve pour les os, les muscles, les articulations et les sabots des chevaux : blessures et boitements ne sont pas rares chez les chevaux attelés aux calèches.

De nombreux cochers viennent envenimer la situation en traitant leurs chevaux comme des machines : ils les forcent à marcher dans des températures extrêmes et vont jusqu’à les priver d’eau pour éviter qu’ils urinent. Cette combinaison de température chaude et de manque d’eau peut mener à un grave cas de déshydratation et d’épuisement par la chaleur.

Tout comme dans le secteur des courses de chevaux, un cheval de calèche incapable de travailler est perçu comme un fardeau financier. Comme les exploitants ne voient pas l’importance de garder un cheval non rentable, ils envoient leurs animaux ralentis, vieillissants ou blessés se faire euthanasier ou abattre pour leur viande.

Bon nombre de villes, par exemple New York, ont tenté d’interdire ou de restreindre cette pratique désuète, mais les cochers et personnes ayant des intérêts financiers dans l’industrie des calèches ont résisté. Certaines vedettes se sont même prononcées en faveur des calèches. Les cochers se justifieront parfois en disant que leurs activités maintiennent un lien vivant avec l’histoire, donc méritent d’être protégées. Par contre, ce même sophisme pourrait justifier n’importe quel acte répréhensible du passé, comme l’abattage des baleines pour leur huile ou l’exploitation d’êtres humains comme esclaves.

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